Le cas des douze disciples

« Jésus gravit la montagne et il appelle à lui ceux qu'il voulait. Ils vinrent à lui, et il en institua Douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons. Il institua donc les Douze, et il donna à Simon le nom de Pierre, puis Jacques, le fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques, auxquels il donna le nom de Boanergès, c'est-à-dire fils du tonnerre, puis André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d'Alphée, Thaddée, Simon le Zélé, et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra » (Mc 3, 13-19). Si tous les chrétiens sont appelés à la sainteté et à témoigner de Jésus (sacerdoce commun), c’est aux évêques et aux prêtres, successeurs des douze Apôtres que revient la charge d’enseigner, de gouverner et de sanctifier le peuple de Dieu (sacerdoce ministériel).

Certains parmi les douze étaient mariés. C’est le cas de Pierre dont Jésus guérit la belle-mère : « Jésus, sortant de la synagogue, il vint dans la maison de Simon et d'André, avec Jacques et Jean. Or la belle-mère de Simon était au lit avec la fièvre, et aussitôt ils lui parlent à son sujet. S'approchant, il la fit se lever en la prenant par la main. Et la fièvre la quitta, et elle les servait » (Mc 2, 29-31).

Dans les premiers temps de l’Église, les prêtres et les évêques étaient choisis parmi les maris vertueux : « Elle est sûre cette parole : celui qui aspire à la charge d'épiscope [d’évêque] désire une noble fonction. Aussi faut-il que l'épiscope soit irréprochable, mari d'une seule femme, qu'il soit sobre, pondéré, courtois, hospitalier, apte à l'enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi des chicanes, détaché de l'argent, sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l'Église de Dieu ? » (2 Tm 3, 1-5). Ainsi donc, aucun polygame et/ou aucun divorcé ne pouvait pas devenir responsable d’église, Jésus s’étant déjà prononcé contre la polygamie et le divorce (cf. Mt 19, 1-9)

L’enseignement de Jésus sur le célibat consacré

En méditant sur l’enseignement de Jésus sur le célibat, l’Église catholique latine a adopté le célibat pour ses prêtres, à l’image de Jésus, Grand Prêtre par excellence, qui ne s’est pas marié.

Après avoir condamné les offenses au mariage chrétien (polygamie, divorce, cf. Mt 19, 1-9), Jésus parle à ses disciples du célibat pour le Royaume de Dieu : « Il y a, en effet, des eunuques [des gens qui ne se marient pas] qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l'action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu'il comprenne ! » (Mt 19, 12). Et cela, les catholiques l’ont bien compris.

Plus tard, Jésus enseigne qu’au ciel, on ne se marie pas. Le célibat pour le Royaume est donc, dans la foi et la charité, une manière de vivre déjà sur terre ce que l’on vivra au ciel : « Ce jour-là, des Sadducéens, gens qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s'approchèrent de lui et l'interrogèrent en disant : "Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, sa belle-sœur, et suscitera une postérité à son frère. Or il y avait chez nous sept frères. Le premier se maria, puis mourut sans postérité, laissant sa femme à son frère. Pareillement le deuxième, puis le troisième, jusqu'au septième. Finalement, après eux tous, la femme mourut. A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'auront eue." Jésus leur répondit : "Vous êtes dans l'erreur, en ne connaissant ni les Ecritures ni la puissance de Dieu. A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel » (Mt 22, 23-30).

Enfin, Saint Paul propose le célibat, état de vie qui permet de s’attacher plus facilement et avec un cœur sans partage à Dieu seul : « Je voudrais vous voir exempts de soucis. L'homme qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur, des moyens de plaire au Seigneur. Celui qui s'est marié a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à sa femme; et le voilà partagé. De même la femme sans mari, comme la jeune fille, a souci des affaires du Seigneur; elle cherche à être sainte de corps et d'esprit. Celle qui s'est mariée a souci des affaires du monde, des moyens de plaire à son mari. Je dis cela dans votre propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour vous porter à ce qui est digne et qui attache sans partage au Seigneur » (1 Co 7, 32-35).

Choisir le célibat et le considérer comme un don

« Le célibat a de multiples convenances avec le sacerdoce. La mission du prêtre, est de se consacrer tout entier au service de l’humanité nouvelle que le Christ, vainqueur de la mort, fait naître par son Esprit dans le monde, et qui tire son origine, non pas "du sang, ni d’un pouvoir charnel, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu" (Jn 1, 13). En gardant la virginité ou le célibat pour le Royaume des cieux, les prêtres se consacrent au Christ d’une manière nouvelle et privilégiée, il leur est plus facile de s’attacher à lui sans que leur cœur soit partagé, ils sont plus libres pour se consacrer, en lui et par lui, au service de Dieu et des hommes, plus disponibles pour servir son Royaume et l’œuvre de la régénération surnaturelle, plus capables d’accueillir largement la paternité dans le Christ. Ils témoignent ainsi devant les hommes qu’ils veulent se consacrer sans partage à la tâche qui leur est confiée : fiancer les chrétiens à l’époux unique comme une vierge pure à présenter au Christ ; ils évoquent les noces mystérieuses voulues par Dieu, qui se manifesteront pleinement aux temps à venir : celles de l’Église avec l’unique époux qui est le Christ. […] C’est donc pour des motifs fondés dans le mystère du Christ et sa mission, que le célibat, d’abord recommandé aux prêtres, a été ensuite imposé par une loi dans l’Église latine à tous ceux qui se présentent aux ordres sacrés.

[…] Aux prêtres qui ont fait confiance à la grâce de Dieu, et qui ont librement et volontairement accueilli le célibat, selon l’exemple du Christ : qu’ils s’y attachent généreusement et cordialement, qu’ils persévèrent fidèlement dans leur état, qu’ils reconnaissent la grandeur du don que le Père leur a fait et que le Seigneur exalte si ouvertement, qu’ils contemplent les grands mystères signifiés et réalisés par leur célibat. […] Le saint Concile invite donc, non seulement les prêtres, mais tous les fidèles, à avoir à cœur ce don précieux du célibat sacerdotal et à demander à Dieu de l’accorder toujours avec abondance à son Église » (Concile VaticanII, Presbyterorum ordinis, n°16)

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Ce site vous est offert par l'Abbé Kizito NIKIEMA, prêtre de l'archidiocèse de Ouagadougou (Burkina Faso).

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