« La différence de confession entre les conjoints ne constitue pas un obstacle insurmontable pour le mariage, lorsqu’ils parviennent à mettre en commun ce que chacun d’eux a reçu dans sa communauté, et à apprendre l’un de l’autre la façon dont chacun vit sa fidélité au Christ. Mais les difficultés des mariages mixtes ne doivent pas non plus être sous-estimées. Elles sont dues au fait que la séparation des chrétiens n’est pas encore surmontée. Les époux risquent de ressentir le drame de la désunion des chrétiens au sein même de leur foyer. La disparité de culte peut encore aggraver ces difficultés. Des divergences concernant la foi, la conception même du mariage, mais aussi des mentalités religieuses différentes, peuvent constituer une source de tensions dans le mariage, principalement à propos de l’éducation des enfants. Une tentation peut se présenter alors : l’indifférence religieuse » (Catéchisme de l’Église Catholique, n°1634).

L’Abbé Jacob YODA souligne que : « La crainte de l’Église [au sujet de ces mariages] se justifie par le grand nombre d’échecs constatés dans les mariages mixtes. La réalité est bien triste même dans notre contexte actuel de l’archidiocèse de Ouagadougou, où près de 9 mariages sur 10 entre jeunes filles catholiques et des musulmans connaissent tôt ou tard un échec. Et dans tous les cas, même des musulmans le reconnaissent : l’idéal du mariage n’est ni dans les mariages mixtes, ni dans les mariages dispars. En effet, l’harmonie du couple ne peut être pleinement assurée. D’ailleurs la conception et les règles du mariage ne sont pas les mêmes chez les musulmans que chez les chrétiens, étant donné que le christianisme et l’islam sont issus de milieux culturels différents et souvent en opposition pour certains points.

Les mariages islamo chrétiens étant de plus en plus fréquents dans notre contexte, il convient de savoir ce qu’est le mariage chez les musulmans. En effet, l’interprétation que font la plupart des musulmans sur ce que dit le Coran sur le mariage, c’est que la femme doit suivre la religion de son mari. C’est pourquoi dans beaucoup de cas, quand un musulman épouse une fille non musulmane, lui ou les membres de sa famille, exige, tôt ou tard, qu’elle se convertisse à l’Islam. Dans la plupart des cas il faut s’attendre à cela à n’importe quel moment de la vie du couple. Et quand le mari est assez déterminé pour défendre sa femme, celle-ci est rejetée et mise à l’écart par les autres membres de la famille, notamment les frères et sœurs du mari. C’est cette idée sur la religion de la femme qui fait qu’il serait interdit à un musulman de marier sa fille à un non musulman.

Quant aux enfants, il faut savoir aussi que dans la conception musulmane les enfants d’un père musulman, surtout les garçons, suivent la religion de leur père. Avec les nombreux exemples que nous connaissons, il faut avouer qu’il est difficile sinon impossible à la femme non musulmane de pratiquer pleinement sa religion dans un mariage avec disparité de culte, étant donné le poids de la domination masculine dans la tradition familiale de la plupart de nos sociétés, sans oublier le fait que le conjoint musulman ne résistera pas trop longtemps à la forte pression familiale. Il ne faut pas penser qu’il sacrifiera sa famille à son foyer quel que soit l’amour qu’il porte à sa femme.

Les rares cas où un tel mariage a la chance de tenir, c’est quand les deux conjoints sont déterminés à assumer avec courage leur vie en rejetant toute ingérence extérieure.

Il ne faut pas l’oublier, dans le mariage musulman, il est permis au mari d’avoir plusieurs femmes. C’est du moins l’interprétation que la plupart font du Coran. Il convient de veiller chaque fois à ce qu’il soit mentionné clairement sur le certificat du mariage civil l’option pour la monogamie.

Toutefois le désir de l’Église en permettant ces mariages, est que les chrétiens et les autres croyants se donnent un témoignage de foi et d’amour véritable dans la compréhension mutuelle et le respect réciproque. Mais au regard des inconvénients, une conférence des évêques ou un évêque pourrait bien interdire ces mariages pour plus ou moins longtemps.

Toutefois, il est entendu qu’un mariage de ce genre conclu et vécu selon les normes et les exigences du mariage chrétien produira les mêmes effets et les mêmes fruits qu’un mariage sacramentel, entre baptisés » (Abbé Jacob YODA , Les mariages mixtes et dispars).

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