À côté des 7 œuvres de miséricorde corporels, il y a aussi 7 œuvres de miséricorde spirituels que nous détaillons dans cet article : conseiller ceux qui doutent, enseigner les ignorants, corriger les pécheurs, pardonner à ceux qui nous ont offensés, consoler ceux qui sont tristes, supporter les personnes inopportunes, prier Dieu pour les vivants et les morts. Saint Paul ne disait-il pas : « Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous » (1 Thessaloniciens 5, 14) ?

1. Conseiller ceux qui doutent

Le don de conseil est l'un des 7 dons de l'Esprit Saint. Nous recevons l'Esprit Saint au baptême et à la confirmation. Et nous devons faire fructifier ces dons au quotidien, selon les opportunités qui se présentent à nous.

L’œuvre de miséricorde spirituelle « conseiller ceux qui doutent » concerne en tout premier lieu le domaine de la foi : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes. Ne désertez pas votre propre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire, mais encouragez-vous mutuellement » (Hébreux 10, 24-25). En effet, le doute peut entraîner une certaine tiédeur à la prière, à la participation à la messe du dimanche, à l'assiduité pour la prière personnelle, à l'ardeur à faire le bien, et finalement, l'enlisement progressif dans le péché grave.

Les épreuves de la vie ainsi que les prises de positions des membres d'autres religions à la télévision et sur les réseaux sociaux peuvent créer des doutes dans l'esprit des chrétiens : Dieu existe-t-il ? Pourquoi Dieu Tout-Puissant laisse-t-il le mal arriver aux hommes ? Pourquoi dans l’Église catholique on utilise des statues, des croix, on prie la Vierge Marie et les saints, on prie pour les morts, etc., alors que cela est rejeté par d'autres confessions chrétiennes qui utilisent la même Bible ? Peut-t-on vraiment vivre sa foi catholique dans certains milieux professionnels où tout le monde pratique l'occultisme, la corruption et les coups bas ? Dieu écoute-t-il mes prières ? Pourquoi continuer à supporter l'épreuve, la maladie, etc., pendant que l'entourage propose des solutions alléchantes mais contre la foi ? Dans toutes ces situations, le chrétien doit être « sel et lumière » (Mathieu 5, 13-14) en apportant une réponse éclairée.

Conseiller ceux qui sont dans le doute concerne aussi les orientations que nous pouvons apporter à ceux qui nous exposent leurs préoccupations personnelles. C'est un péché grave, dans ce cas, de proposer, d'encourager, de louer, d'approuver ou de ne pas rejeter, en toute connaissance de cause une solution mauvaise, contraire aux commandements de Dieu. Puisque que nous ne souhaitons pas être mal conseillés ou induits en erreur, de même, nous devons absolument renoncer à mal conseiller quelqu'un ou à l'induire en erreur. Lorsque la situation est délicate et que nous ne sommes pas sûrs de nous, ou bien que nous n'avons pas les ressources nécessaires pour répondre de façon appropriée, il est indiqué d'orienter l'intéressé vers d'autres personnes mieux avisées.

Vouloir conseiller quelqu'un implique d'être soi-même éclairé, d'où la nécessité de prier pour demander l'assistance de l'Esprit Saint et d'approfondir sa foi. Jésus n'a-t-il pas dit : « Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? » (Luc 6, 39)

2. Enseigner les ignorants

Instruire les ignorants est une œuvre de miséricorde spirituelle importante. « Qu'avons-nous que nous n'ayons reçu » (1 Corinthiens 4, 7) ? Presque tout ce que nous savons nous a été communiqué par d'autres personnes. Il convient, en retour, que nous nous attelons à combler l'ignorance d'autres personnes, en partageant nos connaissances dans plusieurs domaines : dans le domaine de la foi, dans le domaine académique ou scientifique, la maîtrise d'un métier, l'expérience de la vie, etc.

Ceux dont la profession est l'enseignement ou l'éducation ainsi que les parents sont particulièrement bien placés pour exercer cette œuvre de miséricorde spirituelle de façon excellente. « Le but que poursuit la véritable éducation est de former la personne humaine dans la perspective de sa fin la plus haute et du bien des groupes dont l’homme est membre et au service desquels s’exercera son activité d’adulte. Il faut donc, en tenant compte du progrès des sciences psychologique, pédagogique et didactique, aider les enfants et les jeunes gens à développer harmonieusement leurs aptitudes physiques, morales, intellectuelles, à acquérir graduellement un sens plus aigu de leur responsabilité, dans l’effort soutenu pour bien conduire leur vie personnelle et la conquête de la vraie liberté, en surmontant courageusement et généreusement tous les obstacles. Qu’ils bénéficient d’une éducation sexuelle à la fois positive et prudente au fur et à mesure qu’ils grandissent. De plus, qu’ils soient formés à la vie sociale de telle sorte que, convenablement initiés aux techniques appropriées et indispensables, ils deviennent capables de s’insérer activement dans les groupes qui constituent la communauté humaine, de s’ouvrir au dialogue avec l’autre et d’apporter de bon cœur leur contribution à la réalisation du bien commun » (Concile Vatican II, Déclaration sur l'éducation chrétienne Gravissimum educationis, n°1).

Instruire les ignorants, c'est aussi l'affaire des hommes de média, et cela a des exigences. « L’information médiatique est au service du bien commun. La société a droit à une information fondée sur la vérité, la liberté, la justice, et la solidarité. Le bon exercice de ce droit requiert que la communication soit, quant à l’objet, toujours véridique et – dans le respect des exigences de la justice et de la charité – complète ; qu’elle soit, quant au mode, honnête et convenable, c’est-à-dire que dans l’acquisition et la diffusion des nouvelles, elle observe absolument les lois morales, les droits et la dignité de l’homme » (Catéchisme de l’Église Catholique, n°2494).

L'instruction religieuse n'est pas en reste dans cette œuvre de miséricorde. En effet, le Christ avant de monter au ciel, donne ce commandement : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mathieu 28, 19-20). Et saint Paul d'ajouter : « Ce que tu as appris de moi sur l'attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d'en instruire d'autres » (2 Timothée 2, 2). Il est heureux de voir de nombreux laïcs se dévouer avec abnégation pour dispenser la catéchèse aux enfants, aux adultes, pour la préparation des couples au mariage, pour divers enseignements dans les paroisses et dans les groupes de prières. Ils ont compris que l'évangélisation est l'affaire de tous, et n'est pas réservée uniquement aux prêtres, aux religieux et aux religieuses.

L'instruction des ignorants peut inclure aussi le partage au quotidien de ses compétences, les conseils qu'un médecin peut donner à un patient, indiquer à quelqu'un son chemin, etc. Fournir une aide financière ou matérielle pour la scolarisation des plus pauvres, pour soutenir l’œuvre d'évangélisation ou une œuvre d'enseignement participe à juste titre à l’œuvre de miséricorde spirituelle d'instruire les ignorants.

3. Corriger les pécheurs

Reprendre les pécheurs est une continuation de la mission de Jésus-Christ qui disait : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mathieu 9, 13). À ces derniers, il répétait : « Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1, 15).

Avertir les pécheurs a été directement commandé par Notre Seigneur Jésus-Christ : « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain » (Mathieu 18, 15-17). On voit par là que la démarche doit être discrète, graduelle, respectueuse de la dignité de celui qui est en erreur, avec pour motivation celle de « gagner son frère ».

La correction doit se faire avec un esprit d'humilité, de douceur et avec beaucoup de patience, soulignait saint Paul : « Frères, même dans le cas où quelqu'un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien toi aussi être tenté » (Galates 6, 1). « Ainsi donc, que celui qui se flatte d'être debout prenne garde de tomber » (1 Corinthiens 10, 12). Et encore : « Nous vous y engageons, frères, reprenez les désordonnés, encouragez les craintifs, soutenez les faibles, ayez de la patience envers tous » (1 Thessaloniciens 5, 14).

Cette œuvre de miséricorde spirituelle n'est pas facultative, car notre salut en dépend. Par notre silence, nous devenons plus ou moins complices de la conduite des autres et nous aurons à en rendre compte : « Toi aussi, fils d'homme, je t'ai fait guetteur pour la maison d'Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : "Méchant, tu vas mourir", et que tu ne parles pas pour avertir le méchant d'abandonner sa conduite, lui, le méchant, mourra de sa faute, mais c'est à toi que je demanderai compte de son sang. Si au contraire tu as averti le méchant d'abandonner sa conduite pour se convertir et qu'il ne s'est pas converti, il mourra, lui, à cause de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie » (Ézéchiel 33, 7-9).

Toutefois, nous ne faisons pas cette démarche par peur du châtiment, mais mû par l'amour de Dieu et du prochain, puisqu'« il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n'ont pas besoin de repentir » (Luc 15, 7). Exhorter son prochain n'est pas sans récompense : « Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'égare loin de la vérité et qu'un autre l'y ramène, qu'il le sache : celui qui ramène un pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jacques 5, 19-20).

La correction fraternelle a des exigences. « Si lorsque tu vois un voleur, tu fraternises, tu es chez toi parmi les adultères ; tu livres ta bouche au mal, ta langue trame des mensonges. Tu t'assieds, tu diffames ton frère, tu flétris le fils de ta mère » (Psaume 49(50), 18-20). Dans ces conditions, pourrais-tu encore oser aller voir qui ce soit pour indiquer ce qui est bien ou mal ? « Celui donc qui violera l'un de ces moindres préceptes, et enseignera aux autres à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le Royaume des Cieux ; au contraire, celui qui les exécutera et les enseignera, celui-là sera tenu pour grand dans le Royaume des Cieux » (Mathieu 5, 19)

Nous avons tendance à ne voir que les défauts des autres, et à oublier que nous en avons. Si le Seigneur veut que nous allions vers nos frères qui ont péché, il nous envoie en premier lieu vers nous-mêmes, pour nous convertir d'abord afin de servir d'exemple pour les autres. Il a dit : « Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! Ou bien comment vas-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter la paille de ton œil, et voilà que la poutre est dans ton œil ! Hypocrite, ôte d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère » (Mathieu 7, 3-5).

4. Pardonner à ceux qui nous ont offensés

Le pardon est sans aucun doute l’œuvre de miséricorde spirituelle la plus difficile, tant la blessure causée par l'offense peut être très profonde. Des exemples incluent l'infidélité conjugale, la trahison d'un ami, la divulgation d'un secret, les traumatismes liés à la guerre et aux conflits, le viol et les autres abus sexuels, l'abandon, le rejet d'un parent, les escroqueries financières, les fausses accusations, la délation, les décisions judiciaires erronées, la discrimination, l'injustice sous toutes ses formes, et bien d'autres encore. Dans bien de cas, il faut un accompagnement pour que la personne offensée accepte de pardonner, et beaucoup de temps pour que la blessure puisse guérir.

Pardonner au prochain a été directement commandé par Jésus dans la Prière du Notre Père et érigé comme condition pour être soi-même pardonné : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés … Oui, si vous remettez aux hommes leurs manquements, votre Père céleste vous remettra aussi ; mais si vous ne remettez pas aux hommes, votre Père non plus ne vous remettra pas vos manquements » (Mathieu 6, 12.14-15).

Le pardon va au-delà du renoncement à la vengeance et nous dispose à continuer à faire du bien à l'offenseur : « Sans rendre à personne le mal pour le mal, ayant à cœur ce qui est bien devant tous les hommes, en paix avec tous si possible, autant qu'il dépend de vous, sans vous faire justice à vous-mêmes, mes bien-aimés, laissez agir la colère ; car il est écrit : C'est moi qui ferai justice, moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Bien plutôt, si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s'il a soif, donne-lui à boire ; ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête » (Romains 12, 17-20).

Le pardon peut être facilité lorsque celui qui a mal agi vient lui-même demander pardon. Seulement, bien des fois, il peut ne pas être conscient d'avoir blessé quelqu'un parce qu'il n'a pas agi avec une mauvaise intention. Certaines fois, la personne refuse de demander le pardon. Ou encore, l'agresseur, même s'il regrette, ne peut plus retrouver la personne offensée (cas d'une personne qui insulte une autre en circulation, etc.). Même dans ces circonstances, seul le pardon peut libérer notre cœur du fardeau du ressentiment et de la haine, et nous donner la paix. On peut dire « Je te pardonne » à haute voix, ou dans son cœur, ou à la personne concernée selon les cas. C'est libérateur.

Pardonner ne signifie pas forcément oublier ni minimiser l'offense. Nous avons une mémoire qui nous rappelle beaucoup de choses. Le pardon, c'est la décision de laisser passer, même quand on a toujours mal. En rappel, c'est au plus fort de sa souffrance sur la Croix que le Christ a lui-même donné l'exemple quand il dit : « Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23, 34). Le pardon est même une condition pour avoir la paix intérieure. C'est comme un couteau planté dans le bras qu'il faut enlever afin que commence le processus de guérison. Une fois que l'on a pu pardonner, il va nous arriver de penser de moins en moins à l'offense, mieux, lorsqu'il arrive qu'on y pense parce que certaines circonstances nous le rappelle, nous aurons de moins en moins mal.

Le pardon enseigné par l'évangile est un art de vivre au quotidien qui tient compte du fait que nous faisons nous aussi des erreurs : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » (Mathieu 5, 7). « Montrez-vous bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Éphésiens 4, 32). « Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l'un a contre l'autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour » (Colossiens 3, 13). « Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s'il se repent, remets-lui. Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : Je me repens, tu lui remettras » (Luc 17, 3-4).

Quand il arrive qu'on ne soit pas encore disposé à pardonner, on peut, en attendant, prier instamment pour demander à Dieu la force de pardonner.

5. Consoler ceux qui sont tristes

La consolation des affligés fait partie intégrante de la mission de Jésus, et par suite de la mission de tout chrétien, qui, par le baptême, devient un autre Christ. Jésus a dit que ces paroles du prophète Isaïe s'accomplissaient avec lui : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Luc 4, 18-19).

Dans les béatitudes, Jésus a promis la consolation à ceux qui pleurent : « Heureux les affligés, car ils seront consolés » (Mathieu 5, 5). Mais c'est par nous que Dieu agit et console nos frères en détresse. C'est pourquoi commande-t-il : « Consolez, consolez mon peuple » (Isaïe 40, 1). Et aussi : « Réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure » (Romains 12, 15). Aussi, sommes-nous équipés pour cette mission : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit » (2 Corinthiens 1, 3-4).

Les causes de détresse des personnes sont multiples : échec scolaire ou sentimental, perte d'emploi, deuil, maladie, situations conflictuelles en famille ou au travail, injustice, conséquences des guerres, du terrorisme, infortunes diverses. Concrètement, nous sommes appelés à nous tenir aux côtés de ceux qui souffrent, à leur offrir une présence réconfortante, une oreille attentive, à reconnaître la profondeur de leur souffrance, et à leur donner une parole d'espérance, une lumière du Christ.

Bien souvent, il faudra faire des actions concrètes qui rejoignent les œuvres de miséricorde corporelle : « J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir … En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mathieu 25, 35-40).

D'autres fois, notre prière sera la bienvenue, ainsi que le faisait saint Paul : « Que notre Seigneur Jésus Christ lui-même, ainsi que Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné, par grâce, consolation éternelle et heureuse espérance, consolent vos cœurs et les affermissent en toute bonne œuvre et parole » (2 Thessaloniciens 2, 16-17). Nous pouvons aussi proposer des versets bibliques pour soutenir les personnes. « En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l'espérance » (Romains 15, 4).

Cependant, certaines fois, nous nous rendrons compte qu'il faut du courage, tant la souffrance de la personne concernée est grande, et sa douleur nous afflige également. Là, notre simple présence suffit comme dans le cas de Job : « La nouvelle de tous les maux qui avaient frappé Job parvint à ses trois amis. Ils partirent chacun de son pays, Eliphaz de Témân, Bildad de Shuah, Cophar de Naamat. Ensemble, ils décidèrent d'aller le plaindre et le consoler. De loin, fixant les yeux sur lui, ils ne le reconnurent pas. Alors ils éclatèrent en sanglots. Chacun déchira son vêtement et jeta de la poussière sur sa tête. Puis, s'asseyant à terre près de lui, ils restèrent ainsi durant sept jours et sept nuits. Aucun ne lui adressa la parole, au spectacle d'une si grande douleur » (Job 2, 11-13).

La consolation de ceux qui sont tristes concerne particulièrement l'assistance et la compassion envers ceux qui sont dans le deuil. Cette épreuve délicate est vécue différemment selon les personnes. Même si l'espérance chrétienne permet de se ressaisir rapidement dans ces moments sombres, il convient de respecter et de ne pas minimiser la douleur de ceux qui ont perdu un être cher, surtout que le délai pour aller mieux peut être plus ou moins long selon les personnes. Au décès de Lazare, « lorsque Jésus vit Marie pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. Il dit : "Où l'avez-vous mis ?" Ils lui dirent : "Seigneur, viens et vois." Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : "Voyez comme il l'aimait !" » (Jean 11, 33-36)

Tant que nous sommes sur terre, nous aurons à exercer cette grande œuvre de miséricorde. Quand nous parviendrons au ciel, « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé » (Apocalypse 21, 4). C'est pourquoi disait-il : «  Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez » (Luc 6, 21) !

6. Supporter les personnes inopportunes

L’accueil et la tolérance envers les personnes dont la présence est une épreuve pour nous est une œuvre de miséricorde spirituelle importante. En effet, certains de nos proches sont agaçants, perturbateurs ou débarquent à des moments inappropriés. Certains traînent un défaut, un vice qui fait qu'ils sont difficilement supportables. Ce qui nous est demandé, c'est de surpasser l'irritation et le rejet pour mettre en avant la patience, la compréhension et la compassion.

Cette œuvre de miséricorde spirituelle ne doit pas nous faire oublier une autre, celle de reprendre les pécheurs : « Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté... » (Mathieu 18, 15-17).

Mais certaines fois, les remarques adressées aux personnes concernées n'ont pas suffi à améliorer la situation. D'où cette recommandation de l'Apôtre : « En toute humilité, douceur et patience, supportez-vous les uns les autres avec charité » (Éphésiens 4, 2). Des exemples incluent : s'occuper d'un malade ou d'une personne âgée qui ne sont jamais satisfaits, accueillir quelqu'un qui bavarde beaucoup ou qui critique constamment, vivre avec un père alcoolique, coopérer avec un collègue qui est lent dans le travail, écouter quelqu'un qui bégaie, quelqu'un qui raconte toujours les mêmes histoires, etc. Supporter ces personnes peut amener à comprendre les véritables raisons qui les pousse à agir ainsi, à découvrir leurs blessures, leurs souffrances personnelles, et peut les amener à changer.

N'oublions pas que Jésus, lui qui est Dieu et dont le péché blesse le cœur, a supporté de devenir homme, de vivre avec les pécheurs, de manger avec eux, malgré les critiques des Pharisiens. Ces occasions ont permis des conversions, comme le cas de Zachée qui déclare à Jésus qui est venu dans sa maison : « Voici, Seigneur, je vais donner la moitié de mes biens aux pauvres, et si j'ai extorqué quelque chose à quelqu'un, je lui rends le quadruple » (Luc 19, 8). Ainsi donc, « supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous mutuellement, si l'un a contre l'autre quelque sujet de plainte ; le Seigneur vous a pardonné, faites de même à votre tour » (Colossiens 3, 13). Car, « c'est un devoir pour nous, les forts, de porter les faiblesses de ceux qui n'ont pas cette force et de ne point rechercher ce qui nous plaît » (Romains 15, 1).

Bien que cette attitude soit exigeante, elle ouvre la voie à des relations fondées sur la bienveillance et la compréhension mutuelle. Car, « l'amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout » (1 Corinthiens 13, 4-7).

7. Prier Dieu pour les vivants et les morts

L'intercession pour les vivants et les morts est une forme concrète de solidarité spirituelle. Les catholiques croient en la « communion des saints ». Cela signifie concrètement que les chrétiens qui sont toujours sur la terre sont en lien, en communion avec les défunts qui sont au purgatoire, ainsi qu'avec les saints qui sont au Paradis.

La prière les uns pour les autres a été encouragée par les Apôtres : « Je recommande donc, avant tout, qu'on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces pour tous les hommes, pour les rois et tous les dépositaires de l'autorité, afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité. Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur » (1 Timothée 2, 1-3 ; Éphésiens 6, 18). Ce passage a contribué à instituer la prière universelle lors de la messe.

Saint Paul lui-même priait pour les autres : « Nous prions nous aussi à tout moment pour vous, afin que notre Dieu vous rende dignes de son appel, qu'il mène à bonne fin par sa puissance toute intention de faire le bien et toute activité de votre foi » (2 Thessaloniciens 1, 11). En retour, il a demandé de prier pour lui : « Priez pour nous en particulier, afin que Dieu ouvre un champ libre à notre prédication et que nous puissions annoncer le mystère du Christ » (Colossiens 4, 3-4 ; 1 Thessaloniciens 5, 25 ; 2 Thessaloniciens 3, 1).

L'intercession a donc été prescrite et encouragée, même pour nos persécuteurs qui ne nous l'ont pas demandée : « Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux » (Mathieu 5, 44-45). Jésus lui-même a plusieurs fois fait grâce à des gens sur la base de la foi d'autres personnes : la prière de Marie à Cana pour les nouveaux mariés (Jean 2, 1-11), la prière du centurion pour son fils malade (Mathieu 8, 13), la supplication de la cananéenne pour sa fille malade (Mathieu 15, 28), la prière de l’Église pour Pierre emprisonné (Actes 12, 5), etc.

La prière pour les défunts est primordiale dans l’Église. C'est ainsi que lors de toutes les messes, on fait mémoire des défunts : « Souviens-toi aussi de nos frères et sœurs qui se sont endormis dans l’espérance de la résurrection, et de tous les hommes qui ont quitté cette vie : reçois-les dans ta lumière auprès de toi » (Prière eucharistique II ; cf. 2 Maccabées 12, 42-46).

La prière pour les âmes du purgatoire est une forme de charité envers ces âmes en état de purification, qui ne peuvent rien pour elles-mêmes, mais qui prient pour nous les vivants. Cette charité peut se manifester à travers des demandes de messes, des prières multiformes, et les indulgences.

Une question très récurrente est de savoir si le purgatoire est biblique. Cela est bien documenté dans cet article : Le purgatoire est-il biblique ?

Que par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix. Amen.

Parolesdevie.bf

Ce site vous est offert par l'Abbé Kizito NIKIEMA, prêtre de l'archidiocèse de Ouagadougou (Burkina Faso).

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