« Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez ignorants au sujet des morts ; il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. Puisque nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui » (1 Th 4, 13-14).

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La compassion avec ceux qui sont dans le deuil est un devoir d’humanité et un devoir de chrétien : « réjouissez-vous avec qui est dans la joie, pleurez avec qui pleure » (Rm 12, 15). Plus encore pour le chrétien, c’est un moment privilégié pour prier en faveur de la famille affligée, et surtout pour le défunt.

Participer aux obsèques aussi est une occasion favorable pour tout homme de penser à sa propre mort … ou plutôt, de penser à sa propre vie. En particulier pour le chrétien, qui espère en la résurrection des morts, il s’agit de faire le point de son état de vigilance dans la foi et de prendre des résolutions concrètes pour gagner le Ciel, selon les paroles de Jésus : « veillez, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » (Mt 25, 13). C’est une introspection sur plusieurs plans :

- application dans la prière : « Restez toujours joyeux. Priez sans cesse. En toute condition soyez dans l'action de grâces. C'est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus » (1 Th 5, 16-18).

- l’humilité : « Qu'est-ce que l'homme, pour que tu le connaisses, Seigneur, le fils d'un homme, pour que tu comptes avec lui ? L'homme est semblable à un souffle, ses jours sont une ombre qui passe » (Ps 143) … « Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé » (Mt 23, 12).

- le vécu des béatitudes : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, les doux, les affligés, les affamés, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, les persécutés pour la justice, ceux qui souffrent à cause du Christ … Soyez dans la joie et l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (cf. Mt 5, 1-12).

- les bonnes œuvres : « Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise : "Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous", sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte » (Jc 1, 15-17).

- le détachement des biens de ce monde : « Que servira-t-il donc à l'homme de gagner le monde entier, s'il ruine sa propre vie ? Ou que pourra donner l'homme en échange de sa propre vie ? » (Mt 16, 26) … « N'allez pas compter sur la fraude et n'aspirez pas au profit ; si vous amassez des richesses, n'y mettez pas votre cœur » (Ps 61).

- la lutte contre le péché : « Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).

- Etc.

En un mot, il s’agit de voir la conformité de sa vie avec l’Évangile. On peut aussi méditer sur la mort de Jésus.

Pour le défunt, son jugement par Dieu ne dépend pas des délais de son enterrement, ni de la façon dont il est inhumé. La sentence dépend de sa vie terrestre :

- Les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent immédiatement après la mort dans les enfers, où elles souffrent les peines de l'enfer, le feu éternel.

- Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu'assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaires pour entrer dans la joie du ciel. Les prières et les messes demandées pour les défunts sont particulièrement profitables à ces âmes du purgatoire.

- Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiées, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu'ils le voient « tel qu'il est », face à face. C’est la foi catholique. (cf. Catéchisme de l’Église Catholique, n° 1023.1030.1035).

De plus, le fait que les proches qui le souhaitent puissent voir le disparu pour la dernière fois peut leur permettre de mieux surmonter leur deuil. C’est pourquoi, si certains membres de la famille très proche vivant dans d’autres localités peuvent arriver dans un délai raisonnable, on peut les attendre.

Le constat du décès par un médecin – et dans certaines circonstances, par la police – est souhaitable. Il donne droit à des certificats qui peuvent permettre aux héritiers d’entrer en possessions de leurs droits dans l’administration. En l’absence d’une telle attestation médicale – ce qui est courant sous nos cieux – l’enterrement hâtif peut très souvent constituer un homicide puisqu’il est fort possible que la personne que l’on inhume n’est pas réellement morte. Cela est contraire au cinquième commandement : « Tu ne commettras pas de meurtre » (Ex 20, 13).

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« Aurait-on observé la Loi tout entière, si l'on commet un écart sur un seul point, c'est du tout qu'on devient justiciable. Car celui qui a dit : Tu ne commettras pas d'adultère, a dit aussi : Tu ne commettras pas de meurtre. Si donc tu évites l'adultère, mais que tu commettes un meurtre, te voilà devenu transgresseur de la Loi » (Jc 2, 10-11).

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Ce site vous est offert par l'Abbé Kizito NIKIEMA, prêtre de l'archidiocèse de Ouagadougou (Burkina Faso).

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