Paroles de vie

Peut-on interpréter soi-même la Bible ?

Plan de l'article : 1. Position de Justforcatholics.org - 2. Réponse catholique

 

1. Position de Justforcatholics.org

Question 18: Comment pouvez-vous interpréter vous-même la Bible ? Je dois vous avertir que la Bible nous met en garde contre cela: "Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière" (2 Pierre 1:20).

Réponse: Avant de revoir ce passage, je voudrais faire quelques observations. Vous ne comprenez pas vous-même l'illogisme de votre argument. Vous essayez de me persuader de ne pas interpréter moi-même la Bible, en me montrant un verset qui vous semble appuyer votre point de vue. Mais, si je ne devais pas interpréter moi-même la Bible, comment pourrais-je comprendre la signification du verset que vous citez ?

Vous ne respectez pas vous-même vos propres règles. Car vous lisez ce passage de l'Ecriture, puis vous utilisez votre intelligence pour comprendre la signification de ce texte. Beaucoup de Catholiques font aujourd'hui la même chose.

Voici sans doute ce que vous voulez réellement dire: "Lisez la Bible autant que vous le voudrez, mais ne remettez jamais en question la moindre doctrine enseignée par le Magistère de l'Eglise Catholique !" Et si vous découvrez la moindre contradiction entre les enseignements de la Bible et ceux du Vatican, vous devez croire que c'est vous qui comprenez mal la Bible ! En fait, le Pape et les évêques refusent de rendre des comptes aux fidèles, qui n'ont aucun droit de remettre en question leurs enseignements, à la lumière de la Parole de Dieu.

Depuis très longtemps, l'Histoire a prouvé que l'Eglise Romaine avait empêché les fidèles de lire la Bible. L'un des moyens les plus efficaces était de garder la Bible en latin, car c'était une langue que la majorité des gens ne comprenaient pas. Pendant des siècles, c'était même un péché mortel de posséder et de lire la Bible dans sa langue natale. Le Concile de Valence (1229), le Concile de Trente (1545) et le Pape Clément XI (1713) ont interdit à tous les fidèles de posséder une Bible dans leur langue maternelle, ainsi que de la lire eux-mêmes.

Ce sont les premiers Protestants, des hommes comme Wycliff, Tyndale et Luther, qui ont, les premiers, traduit la Bible dans une langue parlée par tout le peuple. Pendant ce temps, les autorités Romaines s'activaient à brûler tous les exemplaires de la Bible qu'elles pouvaient saisir.

C'est l'Histoire qui a obligé l'Eglise Catholique à changer de stratégie. Aujourd'hui, beaucoup de Catholiques possèdent un exemplaire de la Bible chez eux, et la lisent personnellement. Toutefois, la Parole de Dieu demeure inefficace dans leur vie, en raison des préjugés propres aux Catholiques. Par exemple, les Catholiques ne sont nullement troublés par le fait que la plupart des dogmes de leur Eglise ne se trouvent absolument pas dans la Bible (comme, par exemple, l'Immaculée Conception, l'Assomption de la Vierge, la confession auriculaire, le Purgatoire, et la vénération des statues). Ils sont convaincus depuis leur enfance que la révélation de Dieu nous parvient au moyen de la Tradition, aussi bien que par la Bible.

Rome emploie aussi une autre méthode. Elle persuade ses fidèles que la Bible est trop difficile à comprendre par nous-mêmes. Les simples fidèles sont ainsi jugés incapables d'interpréter eux-mêmes la Bible. Cela est réservé aux seuls dirigeants sages et intelligents de l'Eglise. "La tâche de donner une interprétation authentique de la Parole de Dieu est réservée aux seuls responsables de l'Eglise… Cela signifie que la tâche de l'interprétation des Ecriture est réservée aux évêques, en communion avec le successeur de Pierre, l'Evêque de Rome" (Catéchisme de l'Eglise Catholique, paragraphe 85). Comme si l'Eglise Catholique offrait à présent de sa main droite une Bible à ses fidèles, et la leur retirait aussitôt de sa main gauche !

Regardons à présent ce que voulait dire l'apôtre Pierre dans ce verset: "Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière" (2 Pierre 1:20).

Pour cela, chacun de nous doit ouvrir sa Bible et lire ce verset dans son contexte, en ayant recours aux règles familières du langage pour découvrir le sens de ce verset. En d'autres termes, nous ne faisons qu'interpréter ce passage par nous-mêmes !

"Sachant tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pierre 1:20-21).

Le verbe grec traduit par "être un objet d'interprétation particulière" est le verbe "ginomaï". Selon le Dictionnaire Strong, ce verbe signifie "provoquer, faire venir à l'existence, devenir". L'apôtre Pierre ne veut donc pas parler de notre compréhension personnelle de l'Ecriture qui nous a déjà été donnée, mais du processus par lequel les Ecritures nous ont été transmises, c'est-à-dire de leur origine.

Pierre dit qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne nous a été transmise "au moyen d'une interprétation particulière", c'est-à-dire par notre raisonnement humain. De qui Pierre parle-t-il ? Du lecteur de la Bible, ou des hommes qui l'ont écrite ? Etant donné que Pierre parle de l'origine des Ecritures, il semble probable qu'il nous parle des prophètes eux-mêmes. En d'autres termes, Pierre nous dit que l'origine des Ecritures ne doit pas être trouvée dans l'intelligence particulière de ces prophètes, mais dans l'inspiration du Saint-Esprit. C'est le verset suivant qui nous le confirme.

L'apôtre Paul nous donne la raison pour laquelle l'Ecriture n'a pas été fabriquée par l'intelligence personnelle des prophètes. Il ajoute: "Car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu".

Ainsi, loin de nous décourager à lire et à comprendre nous-mêmes la Bible, ce verset nous donne la pleine assurance que nous pouvons faire entièrement confiance aux Ecritures. Certes, elles ont été écrites par des hommes. Mais ces Ecritures n'ont pas été conçues par des cerveaux humains. Elles ont été conçues dans la pensée de Dieu, par le Saint-Esprit. La Bible est la Parole de Dieu !

En conclusion, je voudrais ajouter quelques commentaires, en particulier à l'intention de mes frères Chrétiens Evangéliques. Nous avons besoin de répéter à nos amis Catholiques cette vérité élémentaire: la Bible a été écrite pour être comprise, et elle peut être comprise !

Dans cette même épître, un peu plus loin, l'apôtre Pierre écrit ceci:

"Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l'a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée. C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Ecritures, pour leur propre ruine" (2 Pierre 3:15-16).

Nous devons donc être diligents dans notre étude de la Bible. Nous avons besoin des enseignants que Dieu a donnés à Son Eglise. Mais nous devons éprouver toutes choses, et ne retenir que ce qui est bon (1 Thessaloniciens 5:21). 

© Dr Joseph Mizzi. Used by permission. Source : http://www.justforcatholics.org/fr18.htm (05/04/2020)

2. Réponse catholique

Un problème de cohérence

L'auteur du texte tente de montrer que toute personne avec son intelligence doit pouvoir comprendre la Bible et le chrétien devrait se méfier d'une autorité, notamment l’Église catholique qui lui apporterait une explication. Toutefois, il conclut en disant que « nous avons besoin des enseignants que Dieu a donnés à son Église » qui seraient précisément les non catholiques qui assurent les cours bibliques.

Il y a une contradiction. Soit, le texte biblique est compréhensible tout seul, et dans ce cas, on n'a besoin d'aucun enseignant, soit le lecteur peut avoir un accompagnant : dans ce cas, pourquoi doit-il choisir la doctrine des non catholiques ? De quelle entité non catholique ? Notons qu'il y a plusieurs groupes qui utilisent la Bible et qui ont des doctrines très différentes : les Témoins de Jéhovah, les mormons, etc.

L'interprétation personnelle de la Bible

Il est clair que la Bible est la Parole de Dieu qui s'adresse personnellement à chacun de nous. Cependant, Dieu nous a parlé à travers des hommes, qui ont écrit la Bible selon les manières de parler de leur époque, dans une langue donnée (grec, hébreu), selon des genres littéraires donnés (par exemple, le genre poétique pour le Cantique des Cantiques et les Psaumes), et en fonction des destinataires des écrits. Ce sont autant de paramètres dont il faut tenir compte pour mieux comprendre un texte biblique.

Même au temps des Apôtres, le problème se posait pour l'interprétation personnelle de la Bible. Voici ce qu'écrivait l'Apôtre Pierre : « Tenez la longanimité de notre Seigneur pour salutaire, comme notre cher frère Paul vous l'a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. Il le fait d'ailleurs dans toutes les lettres où il parle de ces questions. Il s'y rencontre des points obscurs, que les gens sans instruction et sans fermeté détournent de leur sens – comme d'ailleurs les autres Écritures – pour leur propre perdition. Vous donc, très chers, étant avertis, soyez sur vos gardes, de peur qu'entraînés par l'égarement des criminels, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté » (2 P 3, 15-17).

Il s'en suit donc qu'une interprétation purement personnelle de la Bible peut conduire à des erreurs graves et entraîner la perdition. Saint Pierre appelle ceux qui agissent ainsi des « égarés », des « criminels ». C'est pourquoi, l'interprétation de la Bible ne doit pas contredire la foi reçue des Apôtres et l'enseignement de l’Église guidée par l'Esprit Saint. Par exemple, lorsqu'on se focalise sur la Bible pour montrer que Jésus-Christ n'est pas vraiment Dieu, qu'il n'est pas vraiment homme, que tous les morts ne ressuscitent pas, etc., etc., on est sûr qu'on est dans l'erreur.

L'interprétation du Magistère

Jésus a fondé une seule Église, l’Église catholique, quand il dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l'Hadès ne tiendront pas contre elle » (Mt 16, 18). Remarquez qu'il a dit MON Église, et non pas MES Églises. Pierre a reçu par la même déclaration de Jésus, la charge de gouverner l’Église. Dans les Actes des Apôtres, il s'est posé une question délicate qui a suscité beaucoup de débat, parce que Jésus n'avait pas clairement parlé de ce sujet : est-ce que les non juifs devraient se faire circoncire pour devenir chrétiens ? À ce propos, chacun ne s'en est pas tenu à son interprétation personnelle. Mais, les autres Apôtres vont se retrouver à Jérusalem autour de Pierre, et c'est la décision prise, c'est-à-dire l'enseignement de l’Église réunie autour de Pierre qui est promulguée aux chrétiens (cf. Ac 15, 1-29). « L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d'autres charges que celles-ci, qui sont indispensables ... » C'est ainsi que commence la déclaration. Il est donc absolument légitime pour un chrétien de suivre l'enseignement de l’Église réunie autour du Pape, le successeur de l'Apôtre Pierre, car l'Esprit Saint lui-même garantit leur enseignement. On appelle le « Magistère » de l’Église, l'enseignement du Pape uni aux évêques.

La citation qui est faite dans l'encadré est incomplète et loin d'être fidèle. Voici ce que dit le Catéchisme de l’Église Catholique :

  • N° 85 : La charge d'interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul magistère vivant de l’Église dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ, c'est-à-dire aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l'évêque de Rome.

  • N° 86 : Pourtant, ce magistère n'est pas au-dessus de la parole de Dieu, mais il la sert, n'enseignant que ce qui fut transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l'assistance de l'Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l'expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu'il propose à croire comme étant révélé par Dieu.

  • N° 87 : Les fidèles, se souvenant de la parole du Christ à ses Apôtres: "Qui vous écoute, m'écoute" (Lc 10, 16) reçoivent avec docilité les enseignements et directives que leurs Pasteurs leur donnent sous différentes formes.

C'est ce qui explique les paroles de l'Apôtre : « Avant tout, sachez-le : aucune prophétie d’Écriture n'est objet d'explication personnelle ; ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 P 1, 20-21).

Les églises protestantes, faisant fi de ce précieux conseil, prétendent que chacun peut interpréter la Bible lui-même. La conséquence inévitable est qu'il s'est créé des milliers et des milliers d'églises ou dénominations, chacune avec son interprétation propre – et il s'en crée encore aujourd'hui de nouvelles –, et il n'y a pas deux dénominations qui aient la même interprétation. Ce qu'il y a de commun à toutes ces interprétations erronées, c'est qu'elles contredisent l'un ou l'autre enseignement du Magistère catholique.

Pourquoi les traductions de la Bible furent interdites à un moment de l'histoire

La Bible a été écrite en hébreu et en grec. Elle a été traduite dès les premiers siècles en latin par saint Jérôme entre 382 et 405. Cette traduction latine s'appelle la Vulgate, c'est-à-dire, la traduction commune. C'était la traduction de la Bible utilisée dans la liturgie en Europe où la langue d'enseignement était le latin. Ceux qui veulent faire un peu d'histoire peuvent se rendre compte que même en France, le premier ouvrage important écrit en français fut le « Discours de la méthode » de Descartes en 1637, donc très récemment. Il était donc normal pour la mentalité du temps de n'utiliser que la Bible en Latin. Il y a une exception à signaler : les saints Cyrille et Méthode inventèrent l'alphabet cyrillique et traduisirent la Bible en slavon. Cette traduction fut approuvée par le Pape Adrien II en 868 et était dès lors utilisée chez les peuples slaves.

De plus, l’Église catholique a souffert des hérésies. Une hérésie est une erreur obstinée sur la foi, en se fondant sur une interprétation erronée de la Bible. Il y a eu par exemple le nestorisme, qui soutenait que Jésus n'était pas vraiment Dieu, l'arianisme qui enseignait que Jésus est créé mais non engendré, le jansénisme, le manichéisme, etc. Ces différentes erreurs, ont été combattues dans l’Église pendant les premiers siècles, non sans résistance. C'est ce qui a amené les autorités de l’Église à limiter l'accès à la Bible aux prêtres et aux évêques, afin de limiter la propension des hérésies. Ceux-ci devaient en faire la lecture et donner aussitôt l'explication.

L'avènement du protestantisme en 1521 a changé la donne, car ses initiateurs vulgarisaient la Bible dans différentes langues. Dans l’Église catholique, on a alors commencé à vulgariser la Bible, avec des annotations pour éclairer les fidèles. Les pasteurs protestants se vantent d'avoir favorisé la diffusion de la Bible dans les langues locales, toutefois en prônant une interprétation personnelle. La conséquence est que les églises protestantes se sont multipliées de façon exponentielle, chacune avec ses hérésies, ses enseignements erronés, contraires à la foi reçue des Apôtres et à l'enseignement du Magistère catholique.

Il est donc important de prendre au sérieux cet avertissement de la lettre aux Hébreux : « Ne vous laissez pas égarer par des doctrines diverses et étrangères » (He 13, 9), car, comme le dit la Bible, « un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l'oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout » (2 Tm 4, 3-5).

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