Paroles de vie

Peut-on être sauvé par ses œuvres ?

Plan de l'article : 1. Position de Justforcatholics.org - 2. Réponse catholique

 

1. Position de Justforcatholics.org

Question 4: Vous avez dit que l'Eglise Catholique enseigne le salut par les œuvres. C'est pourtant contraire à tout ce que je sais sur l'Eglise Catholique !

Réponse: J'ai correctement présenté l'enseignement de l'Eglise Catholique Romaine. La Religion Catholique enseigne que la foi est importante. Mais elle insiste sur la nécessité d'accomplir des bonnes œuvres pour mériter le salut. Tous les Catholiques savent cela, et cherchent à obéir aux commandements de leur Eglise, à participer aux sacrements, à faire pénitence, à donner des aumônes, à réciter des prières, etc… Ils font tout cela pour mériter leur salut. Lisez soigneusement les déclarations suivantes du Concile de Trente, concernant la Justification:

Canon 9: Si quelqu'un dit que le pécheur est sauvé par la foi seule, qu'il soit anathème (maudit).

Canon 11: Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés par la seule imputation de la justice de Christ, ou par la seule rémission des péchés, qu'il soit anathème.

Canon 12: Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine, qui pardonne les péchés grâce aux mérites de Jésus, ou que c'est cette confiance seule qui nous justifie, qu'il soit anathème.

Canon 24: Si quelqu'un dit que la justice reçue n'est pas préservée, ni accrue, par la pratique des bonnes œuvres, mais que ces œuvres ne sont que les fruits et les signes de la justification obtenue, sans être la cause de cet accroissement, qu'il soit anathème.

Canon 30: Si quelqu'un dit qu'après avoir reçu la grâce de la justification, la culpabilité est si parfaitement effacée qu'il ne reste plus aucune dette temporelle à payer, dans ce monde ou dans le Purgatoire, avant de voir s'ouvrir les portes du Ciel, qu'il soit maudit.

Canon 32: Si quelqu'un dit que les bonnes œuvres de celui qui est justifié ne sont que les dons de Dieu, et qu'elles ne sont pas dues aux mérites de celui qui a été justifié, ou s'il dit que celui qui est justifié par les bonnes œuvres qu'il accomplit par la grâce de Dieu et les mérites de Jésus-Christ, ne mérite pas aussi un accroissement de grâce et de vie éternelle, qu'il soit anathème.

Oui, Rome enseigne bien que les pécheurs méritent la justification par leurs bonnes œuvres !

Voici au contraire ce que la Bible enseigne:

"Or, à celui qui fait une œuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due ; et à celui qui ne fait point d'œuvre, mais qui croit en celui qui justifie l'impie, sa foi lui est imputée à justice. De même David exprime le bonheur de l'homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres: Heureux ceux dont les iniquités sont pardonnées, et dont les péchés sont couverts ! Heureux l'homme à qui le Seigneur n'impute pas son péché !" (Romains 4:4-8).

Vous confiez-vous en Christ seul pour votre salut ? Ou dépendez-vous aussi de quelque chose d'autre ? De quelque chose que vous devez faire, ou de quelque autre personne ? J'espère sincèrement que vous pouvez dire: "Je suis sauvé par grâce, par la foi. Cela ne vient pas de moi, mais c'est un don de Dieu. Ce n'est pas par mes œuvres, et je ne me glorifie de rien d'autre que de la croix de Jésus !"

© Dr Joseph Mizzi. Used by permission. Source : http://www.justforcatholics.org/fr04.htm (05/04/2020)

2. Réponse catholique

Les mérites

Jésus disait à ses disciples : « lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire » (Lc 17, 10). Ce qui signifie que nous n'avons rien à exiger de Dieu lorsque nous aurons fait une œuvre bonne. Toutefois, les « mérites » liées à ces œuvres sont gratuitement offerts par Dieu.

Saint Pierre nous dit : « Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8). Cela signifie que par nos bonnes œuvres accomplies sans rien attendre en retour, Dieu nous gratifie quand même de certains mérites.

La scène du jugement dernier nous montre aussi les mérites liées à nos bonnes œuvres, accomplies gratuitement, car leurs auteurs sont surpris d'être récompensés pour ce qu'ils ont fait : « Alors le Roi dira à ceux de droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. […] En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 35-40).

Et ceux qui auront refusé d'accomplir ces œuvres, les jugeant inutiles pour être sauvés se verront dire par le Juge éternel : «  Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli, nu et vous ne m'avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m'avez pas visité. […] En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait » (Mt 25, 41-45).

Peut-on être sauvé sans les œuvres ?

On se trompe gravement soi-même et on trompe les autres lorsqu'on leur annonce qu'on est sauvé seulement par la grâce de Dieu. Cette croyance est un moyen sûr de ne pas être sauvé.

L'origine de cette erreur est la fixation sur certains versets sans tenir compte de leur contexte immédiat. Par exemple : « En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton cœur croit que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Rm 10, 9).

Et encore : « Personne ne sera justifié devant lui par la pratique de la Loi : la Loi ne fait que donner la connaissance du péché. Car nous estimons que l'homme est justifié par la foi sans la pratique de la Loi » (Rm 3, 20.28). Or, la Loi dont il s'agit désigne les 613 préceptes de la Loi de Moïse (circoncision, ne pas manger tel aliment, faire des ablutions, etc.). Au début du christianisme, les chrétiens d'origine juive voulaient que les autres qui recevaient le baptême se fassent circoncire et pratiquent la Loi de Moïse. Saint Paul a plusieurs fois dans ses lettres argumenté pour dire qu'on est sauvé non en pratiquant la Loi mais par la foi en Jésus-Christ uniquement. Or, peut-on croire sans faire des œuvres correspondantes ?

Sans le sacrifice de Jésus-Christ au calvaire, personne ne pouvait être sauvé. C'est ce que dit l'Apôtre : «  Alors que nous étions morts par suite de nos fautes, Dieu nous a fait revivre avec le Christ – c'est par grâce que vous êtes sauvés ! Avec lui Il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux, dans le Christ Jésus … Car c'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, moyennant la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ; il ne vient pas des œuvres, car nul ne doit pouvoir se glorifier » (Ep 2, 5-9).

Lorsqu'on invoque cette phrase pour dire qu'on est sauvé seulement par la grâce de Dieu, on n'oublie le verset qui le suit directement : «  Nous sommes en effet son ouvrage, créés dans le Christ Jésus en vue des bonnes œuvres que Dieu a préparées d'avance pour que nous les pratiquions » (Ep 2, 10).

Qu'est-ce que cela veut dire ? Si nous croyons en Jésus et que nous ne faisons pas des œuvres qui sont en adéquation avec notre foi, nous ne seront pas sauvés. C'est ce que dit l'Apôtre Jacques : « la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. Au contraire, on dira : "Toi, tu as la foi, et moi, j'ai les œuvres ? Montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi. Toi, tu crois qu'il y a un seul Dieu ? Tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, homme insensé, que la foi sans les œuvres est stérile ? » (Jc 2, 17-20).

Les démons croient aussi comme il est écrit, mais ils seront damnés, car ils ont choisi de s'opposer au Christ. C'est pourquoi, celui qui se dirait chrétien et qui se complaît dans le péché grave sera condamné :

  • « Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni les fornicateurs, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les pédérastes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9-10).

  • Et encore : « Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce ? » (He 10, 26-29)

Les œuvres, ce sont aussi les actes de charité envers le prochain. Dans la parabole du riche et de Lazare, on voit qu'après la mort, le riche est dans le feu éternel. Il n'est pas dit qu'il a volé, tué, menti ou commis l'adultère. C'est son manque de charité envers Lazare qui lui a valu de rater le ciel.

Jésus reprend cet enseignement dans la scène du jugement dernier quand il dit à ceux qui sont à sa gauche : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli, nu et vous ne m'avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m'avez pas visité. Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne point te secourir ? Alors il leur répondra : En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. Et ils s'en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle." » (Mt 25, 41-46).

On peut aussi citer saint Paul qui prend sa part de souffrance pour l'annonce de l'évangile : « En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l’Église » (Col 1, 24). Car, dit-il, « Annoncer l’Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16). Tout cela montre que l’œuvre d'évangélisation participe à notre salut, et complète en notre faveur « ce qui manque aux épreuves du Christ ».

En définitive, la foi sans les œuvres de la foi conduit sans équivoque à la damnation éternelle. « Si le juste est à peine sauvé, l'impie, le pécheur, où se montrera-t-il ? » (1 P 4, 18).

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_Deutéronome 30, 19

 

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