Paroles de vie

Comment savoir si notre Bible est la bonne ?

Plan de l'article : 1. Position de Justforcatholics.org - 2. Réponse catholique

 

1. Position de Justforcatholics.org

Question 16: Comment savez-vous que votre Bible est la bonne, et pas la Bible Catholique ?

Réponse La Bible Protestante est la même que la Bible Catholique, à l'exception des livres Apocryphes, qui ne se trouvent pas dans la Bible Protestante.

Les livres Apocryphes se trouvent tous dans l'Ancien Testament. Ils consistent en 15 morceaux de littérature juive, écrits autour de 200 avant Jésus-Christ. Ils sont inclus dans la traduction grecque des Ecritures juives, connue sous le nom de "Bible des Septante". Voici le titre de ces livres Apocryphes: Maccabées 1 et 2, Tobie, Judith, l'Ecclésiastique ou Siracide, le livre de la Sagesse, Baruch, les additions aux livres d'Esther et de Daniel, la prière de Manassé, Esdras 1 et 2. Ces trois derniers livres ne sont pas considérés comme inspirés par l'Eglise Catholique.

Aucun de ces livres ne prétend être inspiré. Au contraire, l'auteur de l'Ecclésiastique demande pardon à ses lecteurs pour toutes ses inexactitudes, et l'auteur des Maccabées conclut par ces mots: "Si ce livre est bien écrit et exact, c'est ce que je voulais ; s'il est mal rédigé et médiocre, c'est le meilleur que j'ai pu rédiger". Ce n'est pas le langage de l'inspiration divine !

Ce qui est plus sérieux, c'est que les Apocryphes enseignent des doctrines qui contredisent les Ecritures. Par exemple, Ecclésiastique 3:3, 30 contredit Galates 2:16, 21 ; 3:10-14. Tobie 12:9 contredit 1 Jean 1:7 et Hébreux 9:22 ; Sagesse 8:19-20 contredit Romains 3:10. Ils encouragent aussi des pratiques qui ne sont pas conformes aux Ecritures: Ecclésiastique 12:4-7 ne s'accorde pas avec Luc 6:27-38 et Matthieu 5:43-48.

Il faut savoir que ces livres Apocryphes n'étaient pas considérés comme canoniques par les Juifs. Ils sont aussi écrits en grec, et ne font pas partie du Texte Massorétique, qui reprend les textes hébreux inspirés des Ecritures Juives. Josèphe, historien Juif, considère comme acquis le fait que les Juifs admettaient comme inspirés les seuls écrits qui ont été repris par la suite dans la Bible Protestante. A ce jour, les Juifs conservent toujours le même canon de l'Ancien Testament que celui de la Bible Protestante. Le fait que les Juifs aient rejeté les livres Apocryphes est très significatif, car c'est à eux qu'ont été confiés les oracles de Dieu:

"Quel est donc l'avantage des Juifs, ou quelle est l'utilité de la circoncision ? Il est grand de toute manière, et tout d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés" (Romains 3:1-2).

Le Nouveau Testament contient environ 260 citations directes, et 370 allusions aux livres inspirés de l'Ancien Testament. Lorsque Jésus ou les apôtres citaient ou évoquaient les livres de l'Ancien Testament, il est clair qu'ils les considéraient comme inspirés et canoniques. Par exemple, dans Jean 10:34-35, le Seigneur Jésus cite le Psaume 82:6. Il ajoute aussitôt que l'Ecriture ne peut pas être anéantie. Quand l'apôtre Paul dit "Il est écrit", en faisant référence à l'Ancien Testament, c'est qu'il fonde son enseignement sur une assise solide. Le Nouveau Testament atteste donc l'autorité divine de l'Ancien Testament. Il est significatif qu'il ne comprenne aucune citation des livres Apocryphes qui impliquerait l'inspiration divine de ces écrits.

Nous devons ajouter que les auteurs du Nouveau Testament citent parfois des écrits qui ne font pas partie des Saintes Ecritures. Par exemple, l'apôtre Paul cite des poètes et écrivains païens (1 Cor. 15:33 et Actes 17:28) ; Jude cite des extraits des livres apocryphes Juifs d'Enoch et de l'Assomption de Moïse. Il peut y avoir d'autres allusions à certains livres apocryphes, comme Hébreux 11:35, qui peut faire allusion à 2 Maccabées 7:1-29 ou aux écrits de l'historien Josèphe. Manifestement, un auteur biblique peut citer un extrait d'un livre, parce qu'il considère cet extrait comme vrai, sans que cela implique l'inspiration divine de tout ce livre. Personne ne soutiendrait que les poètes grecs cités par Paul sont des auteurs inspirés, ni que l'Assomption de Moïse pourrait faire partie des livres canoniques. Il en est de même pour toutes les références faites aux livres Apocryphes.

Comment se fait-il donc que les livres Apocryphes se retrouvent dans la Bible Catholique ? Au début du deuxième siècle après Jésus-Christ, les premières traductions en latin de la Bible furent réalisées à partir de la Bible des Septante, qui comprenait les Apocryphes. Saint Augustin et Saint Jérôme, ces deux grands Pères de l'Eglise, étaient en conflit à propos des Apocryphes. Saint Augustin acceptait les Apocryphes, parce qu'il utilisait la Bible des Septante. Cette Bible était très répandue en Afrique du Nord. Jérôme était l'un des rares Pères de l'Eglise qui connaissait à la fois l'Hébreu et le Grec. Il rejetait les Apocryphes, parce qu'il savait que ces écrits n'étaient pas acceptés par les Juifs, et ne faisaient pas partie du canon reconnu en Palestine.

Les Conciles de Hippo et de Carthage, au quatrième siècle, ont été fortement influencés par Saint Augustin. Ils ont inclus les Apocryphes dans le canon de l'Ancien Testament. Toutefois, nous devons ajouter que, contrairement à ce que veulent faire entendre les apologistes Catholiques, les Apocryphes ne furent pas officiellement reconnus comme canoniques par l'Eglise Catholique lors des Conciles de Hippo et de Carthage. L'Eglise Catholique Romaine a rejeté Esdras 1 et 2, qui avaient pourtant été acceptés par les Conciles antérieurs. Dans leur liste actuelle, les Apocryphes n'ont été ajoutés à l'Ancien Testament par l'Eglise Catholique qu'au Concile de Trente, au 16e siècle.

Jusqu'à l'époque de la Réforme, les Apocryphes, bien que considérés comme canoniques par l'Eglise Catholique, n'étaient toutefois pas placés sur le même plan que les autres écrits de l'Ancien Testament. Saint Jérôme faisait la distinction entre les "livres canoniques" et les "livres ecclésiastiques". Il considérait ces derniers comme de bonnes lectures spirituelles, mais sans leur accorder le statut d'Ecritures inspirées. Le Pape Grégoire le Grand a dit à propos des Apocryphes: "Bien qu'ils ne soient pas canoniques, ils ont été rédigés pour l'édification de l'Eglise". Le Cardinal Cajetan, personnalité importante de l'Eglise Catholique à l'époque de la Réforme, au 16e siècle, a clairement affirmé que les Apocryphes n'étaient pas canoniques, et ne pouvaient pas être utilisés pour confirmer des positions de foi.

Il ne nous semble donc pas sensé d'ajouter des Apocryphes aux livres de l'Ancien Testament, des siècles après que l'Ancienne Alliance avec les Juifs a été remplacée par la Nouvelle Alliance. L'Eglise du Nouveau Testament ne devrait absolument pas ajouter quoi que ce soit au canon de l'Ancien Testament, tel qu'il a été reçu par les Juifs. Suivant l'exemple du Seigneur Jésus, de Ses apôtres et des auteurs du Nouveau Testament, nous citons souvent des passages de l'Ancien Testament pour édifier notre foi. Comme eux, nous ne faisons jamais référence aux Apocryphes à cet effet.

© Dr Joseph Mizzi. Used by permission. Source : http://www.justforcatholics.org/fr16.htm (05/04/2020)

2. Réponse catholique

L'auteur de l'Ecclésiastique demanderait pardon à ses lecteurs pour toutes ses inexactitudes

Voici ce que dit exactement l'auteur : « Vous êtes donc invités à en faire la lecture avec une bienveillante attention et à vous montrer indulgents là où, en dépit de nos efforts d'interprétation, nous pourrions sembler avoir échoué à rendre quelque expression ; c'est qu'en effet il n'y a pas d'équivalence entre des choses exprimées originairement en hébreu et leur traduction dans une autre langue » (Eccl 0, 15-22).

L'auteur écrit en grec et doit s'appuyer sur des livres inspirés, initialement en hébreu. Il ne dit pas qu'il a fait des erreurs : «  nous pourrions sembler avoir échoué à rendre quelque expression ». « Sembler avoir échoué » et « échouer » ne signifient pas la même chose. L'auteur avertit le lecteur qui aurait des doutes qu'il s'agit simplement d'une difficulté de traduction, mais pas d'une erreur ou d'un manque d'inspiration divine.

L'auteur des Maccabées prétendrait que son livre n'est pas d'inspiration divine 

Ici, on prend des phrases conditionnelles (commençant avec « si ») comme des phrases affirmatives. L'auteur du livre des Maccabées n'a pas dit que son livre était médiocre. Il a dit qu'il a donné le meilleur de lui-même en visant l'exactitude. Il montre bien que bien qu'inspiré par Dieu, l'auteur d'un livre écrit en fonction de ses connaissances de langues et de ses capacités de rédactions.

Ecclésiastique 3,3.30 et Galates 2,16.21 ; 3,10-14

Ecl 3, 3.30 : « Celui qui honore son père expie ses fautes. L'eau éteint les flammes, l'aumône remet les péchés »

Ga 2,16.21 : « Cependant, sachant que l'homme n'est pas justifié par la pratique de la loi, mais seulement par la foi en Jésus Christ, nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d'obtenir la justification par la foi au Christ et non par la pratique de la loi, puisque par la pratique de la loi personne ne sera justifié ».

Curieusement, Ecl 3, 3.30 est conforme à 1 P 4, 8 qui est un livre accepté par l'auteur : « Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés »

Lire aussi la réponse à la question : Peut-on être sauvé par ses œuvres ?

Tobie 12, 9, 1 Jean 1, 7 et Hébreux 9, 22

Tobie 12, 9 : L'aumône sauve de la mort et elle purifie de tout péché. Ceux qui font l'aumône sont rassasiés de jours ;

1 Jn 1, 7 : Mais si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.

He 9, 22 : D'ailleurs, selon la Loi, presque tout est purifié par le sang, et sans effusion de sang il n'y a point de rémission.

Il n'y pas de contradiction, car si nous marchons dans la lumière, nous produisons des œuvres de lumière, en particulier l'aumône. Car comme le conseille l'Apôtre Pierre : « Avant tout, conservez entre vous une grande charité, car la charité couvre une multitude de péchés » (1 P 4, 8).

Lire aussi la réponse à la question : Peut-on être sauvé par ses œuvres ?

Sagesse 8, 19-20 et Romains 3,10

Sg 8, 19-20 : « J'étais un enfant d'un heureux naturel, et j'avais reçu en partage une âme bonne, ou plutôt, étant bon, j'étais venu dans un corps sans souillure »

Rm 3, 10 : « comme il est écrit : Il n'est pas de juste, pas un seul ».

Saint Paul enseigne pourtant comme en Sg 8, 19-20, que les enfants, avant un certain âge appelé âge de la raison ne commettent pas de péchés : « Mieux encore, Rébecca avait conçu d'un seul homme, Isaac notre père : or, avant la naissance des enfants, quand ils n'avaient fait ni bien ni mal, pour que s'affirmât la liberté de l'élection divine, qui dépend de celui qui appelle et non des œuvres, il lui fut dit : L'aîné servira le cadet » (Rm 9, 10-12). « Tous ont péchés » ne concerne pas les nouveaux-nés donc.

Ecclésiastique 12, 4-7, Luc 6, 27-38 et Matthieu 5, 43-48

Ecl 12, 4-7 : « Donne à l'homme pieux et ne viens pas en aide au pécheur. Fais le bien à qui est humble et ne donne pas à l'impie. Refuse-lui son pain, ne le lui donne pas, il en deviendrait plus fort que toi. Car tu serais payé au double en méchanceté pour tous les bienfaits dont tu l'aurais gratifié. Car le Très-Haut lui-même a les pécheurs en horreur et aux impies il infligera une punition. Donne à l'homme bon, mais ne viens pas en aide au pécheur ».

Lc 6, 27-30 : « Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. A qui te frappe sur une joue, présente encore l'autre ; à qui t'enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. A quiconque te demande, donne, et à qui t'enlève ton bien ne le réclame pas.

Celui qui pense qu'il y a contradiction entre ces deux passages montre qu'il ignore qu'il y a un Ancien Testament et un Nouveau Testament. Dans le Nouveau Testament, certaines pratiques anciennes ont été abrogées. Ecl 12, 4-7 est conforme avec d'autres textes de l'Ancien Testament où l'on prend beaucoup de distance par rapport aux pécheurs, par exemple : Ps 1, 1 : « Heureux l'homme qui ne suit pas le conseil des impies, ni dans la voie des égarés ne s'arrête, ni au siège des rieurs ne s'assied ». Or, Jésus est venu siéger (s'asseoir) avec les pécheurs !

Un peu d'histoire

La plupart des écrits du Nouveau Testament ont été écrits en hébreu. Avec la dispersion des juifs dans d'autres pays, une traduction a été faite en langue grecque qu'on appelle Septante. Dans la Septante, il y eu aussi des écrits qui sont qualifiés de « apocryphes » (l’Église les appelle deutérocanoniques). La Septante était utilisée par les contemporains de Jésus sans problème. Et les citations de l'Ancien Testament contenues dans le Nouveau Testament sont de la Septante.

C'est après la mort de Jésus, que les Juifs ont tenu un concile à Jamnia pour exclure les livres qui sont dans la Septante et qui n'ont pas d'original hébreu de l'Ancien Testament. Ce concile eu lieu vers l'an 90 après Jésus-Christ. Quand le protestantisme a commencé en 1521, il s'aligna sur la décision de Jamnia en protestation du christianisme.

L’Église catholique avait accepté tous les écrits de la Septante comme inspirés de Dieu. Plusieurs conciles ont confirmé cela. Ce ne sont donc pas des conciles ultérieures, en particulier le Concile de Trente qui a intégré les livres deutérocanoniques dans l'Ancien Testament catholique.

La Septante, une traduction inspirée

Quand des auteurs bibliques citent des proverbes, c'est qu'ils les tiennent pour vrais. Mais ces proverbes profanes n'ont pas la même valeur que lorsqu'ils citent l'Ancien Testament divinement inspirée. Si dans le Nouveau Testament écrit en grec, on cite l'Ancien Testament selon la Septante, c'est que ce document était digne de confiance. Un exemple : Mt 1, 23 cite Is 7, 14.

Mt 1, 23 : Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel, ce qui se traduit : "Dieu avec nous."

Is 7, 14 : C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.

Dans le texte hébreu du prophète Isaïe, le mot utilisé (béthula) désigne simplement une jeune fille.Il y a un mot hébreu désignant vierge (alma), mais ce n'est pas celui-là qui est dans l'Ancien Testament. Mais dans la Septante, le mot grec utilisé (partenos) qui signifie Vierge. Et c'est cette traduction de la Septante qui se trouve en Mt 1, 23 dans nos bibles. Tout cela montre que les Juifs voyaient déjà dans la traduction de la Septante, une inspiration divine, qui précisait qu'il ne s'agissait pas d'une jeune fille quelconque mais une Vierge qui mettrait au monde le Messie.

L'inspiration divine ne s'est pas limitée aux livres anciens de l'Ancien Testament écrits en hébreu. Dans les derniers siècles avant la naissance de Jésus-Christ, la langue grecque a pris le dessus et on a eu des écrits inspirés en grecs contenus dans la Septante que les Apôtres tenaient pour inspirés. Et par la suite tout l'Ancien Testament a été écrit en grec.

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